« Et si les PME pharmaceutiques disparaissaient ? »
Paris, le 3 février 2012
Suite à la réforme votée fin 2011, l’Association des Moyens Laboratoires et Industries de Santé (AMLIS) pose la question du devenir de ses entreprises à partir de 2012.
Malgré une dynamique positive et une capacité d’adaptation au marché, une expertise reconnue, une présence régionale indéniable, les PME pharmaceutiques françaises sont maltraitées par un manque de reconnaissance de leur véritable valeur et par des taxes inappropriées et toujours en augmentation.
Ces entreprises restent pourtant motivées pour exister et proposent des solutions pratiques pour évoluer et continuer de se développer.
L’AMLIS représente 90 entreprises établies sur le territoire français qui réalisent individuellement un chiffre d’affaires inférieur à 180 millions d’euros (hors biotechs) et n’appartiennent pas à des groupes multinationaux.
Le chiffre d’affaires total, réalisé en France, des membres de l’AMLIS représente plus de 7% du CA des médicaments sortis de l’officine soit 1,5 Md d’euros et 14% en unités.
Ces entreprises de taille moyenne sont le reflet d’une grande stabilité de par leur existence sur l’ensemble de la France, leur modèle économique qui repose sur des capitaux privés et des investissements prioritairement réalisés sur le territoire national.
En plus de leurs efforts sur le territoire national, ces entreprises exportent leur production et savoir faire à l’étranger (Europe, Afrique du Nord et Sub-saharienne, notamment)
PME de la Santé – et EMPLOI
Les PME pharmaceutiques restent toujours créatrices d’emplois (au total plus de 11 000 emplois directs soit 10% de l’industrie du médicament en France).
Chaque emploi direct génère 4 emplois induits soit dans la recherche et le développement, dans la production, chez les façonniers, chez les imprimeurs, ou bien dans les transports et dans le développement d’activités commerciales (en France et pour l’exportation).
Leur rôle est bien sûr économique mais aussi sociétal. Les entreprises de l’AMLIS n’ont pas de préoccupations boursières, elles se mobilisent donc plus pour des projets humains, industriels et de développement de produits.
PME de la Santé et Produits de spécialistes
Les entreprises de l’AMLIS ont 46%, soit près de la moitié, de leurs produits destinés à des pathologies traitées par les spécialistes (dermatologie, gastro-entérologie médecine nucléaire et radiologie, ophtalmologie pédiatrie, etc.) et 35% dans les traitements des pathologies du quotidien, souvent pris en charge par le médecin généraliste et ou le pharmacien.
Les médicaments produits par ces entreprises sont représentés dans 80% des classes thérapeutiques existantes.
Cette diversité permet de développer de nombreux partenariats avec les médecins, les chercheurs, les centres hospitaliers et universitaires, et la région d’appartenance.
Le développement de produits innovants se fait principalement pour des maladies ou des pathologies de spécialistes, comme par exemple la conjonctivite bactérienne, le trachome, l’endocrinologie, la médecine d’urgence, les maladies orphelines, l’oncologie, les affections en hématologie, les affections pédiatriques, les maladies virales, les allergies.
PME de la Santé / Investissements en R&D trop rarement reconnus
Aujourd’hui les petites et moyennes entreprises du médicament déplorent qu’au prétexte du manque de moyens financiers les autorités sont poussées à ne plus reconnaitre le progrès incrémental, qui consiste le plus souvent en l’amélioration ou l’optimisation d’un médicament existant : dosage mieux adapté, meilleure dispensation, meilleure observance se traduisant souvent par une plus grande efficacité et une meilleure tolérance.
Le manque de reconnaissance de ce progrès incrémental, nie ainsi les efforts de développement, l’expertise des intervenants sur ces développements pourtant reconnus par l’ANVAR-OSEO et les dispositions du Crédit-Impôt-Recherche et la valeur ajoutée, en termes de santé publique, de ces produits. De plus cela empêche l’entreprise d’enregistrer son produit au niveau européen.
En 2010-2011, 39% des produits en première inscription ont reçus un SMR insuffisant (Service Médical Rendu) contre 10% pour la période précédente. Sur les 16 produits reconnus à SMR insuffisant (période 2011), même des acteurs majeurs ont vu certains de leurs médicaments dans le cancer ou la thérapie cellulaire, classés en France SMR insuffisant.
PME de la Santé / Taxes et Redevances supplémentaires
Enfin, dans ce contexte difficile, l’augmentation des seuils de taxation, les redevances supplémentaires pour les visas publicitaires, le financement du DPC (Développement Professionnel Continu des Médecins), la contribution des entreprises à la réorganisation de l’AFSSAPS par l’émergence de l’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament), l’augmentation de la taxe annuelle sur les spécialités (+12,1% en 2012), représentent autant de freins à l’évolution positive de ces PME.
En France, les 13 taxes imposées aux entreprises du médicament représentent pour les petites et moyennes industries de santé 3% de leur CA, ce qui peut atteindre dans de nombreux cas jusqu’à 25% du résultat, sans compter l’IS qui lui est désormais de 34,4%.
L’AMLIS souhaite aujourd’hui, plus que jamais, développer ses activités en incitant les entreprises à multiplier les partenariats avec leurs interlocuteurs naturels publics et privés, continuer à innover et à s’ouvrir à l’exportation (dynamique très forte pour certains des membres).
PME de la Santé / des propositions concrètes
Pour l’avenir de l’emploi, le développement, la localisation des sites industriels et l’exportation.
Pour que les petites et moyennes entreprises de la santé ne disparaissent pas, certaines pistes de travail très concrètes sont proposées par l’AMLIS. Ces mesures peuvent être mises en place très rapidement.
Il suffirait de :
- Changer le calcul des taxes actuellement indexées uniquement sur le chiffre d’affaires en y intégrant un plafond en fonction de la taille et de la rentabilité de l’entreprise.
- Revaloriser les prix des produits qui rendent un service de santé publique dès lors que, pour certains d’entre eux, les prix très faibles ne sont jamais réévalués et plus souvent diminués. Ceci permettrait le développement de nouveaux produits et l’amélioration des exportations,
- Et puisque l’Etat manque de moyens financiers, envisager le déremboursement de certaines classes de médicaments en préparant mieux leur arrivée sur le marché grand-public (OTC).
PME de la Santé - et Avenir
Malgré cette période troublée, du fait de leur histoire, de leur originalité, de leur dimension et de leur situation géographique, les PME pharmaceutiques présentent des caractéristiques tant économiques qu’industrielles, qu’il est indispensable de préserver pour que la France reste un pays industrialisé dans ce secteur stratégique.
La vraie chance des PME de la santé, c’est la passion. Celle d’apporter des produits de qualité pour la santé humaine et celle de s’inscrire dans le développement industriel et humain à long terme.
Gérard DUFOUR, Directeur général
Contacts presse :
Anne de Boismenu – annedeboismenu@orange.fr
Geneviève Cliquet – gcliquet@presentparis.com
Les journalistes présents à cette conférence :
Vincent GRE (20 Minutes)
Sophie LABBE (APM)
Anne-Lise BERTHIER (BIO PHARMALYSES.FR)
Laurence BOLLACK (Les ECHOS)
Florence BAUCHARD (ENJEUX LES ECHOS)
Armelle BOHINEUST (Le FIGARO)
François POUZAUD (Le MONITEUR DES PHARMACIES)
Hervé REQUILLART (PHARMACEUTIQUES)
Henry de SAINT-ROMAN (Le QUOTIDIEN DU MEDECIN)
Serge CANASSE (GROUPE MEDIA SANTE – La Revue du Praticien et Panorama du Médecin)
Guy BEAUFRERE (VISITE ACTUELLE)
Stéphane LE MASSON
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28 avril 2012 : A noter : agenda AMLIS
Mercredi 2 mai : nouveau conseil d’administration AMLIS Mardi 22 mai : Assemblée générale annuelle AMLIS